Le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 fixe la liste minimale des meubles et équipements qu’un logement doit contenir pour être loué en meublé. Cette liste comprend onze catégories d’éléments, de la literie aux luminaires. Respecter ce socle légal est une obligation, mais s’y limiter revient à se priver d’un levier direct sur le montant du loyer. Les équipements facultatifs, ceux que le décret n’impose pas, sont précisément ceux qui permettent de positionner une annonce au-dessus du marché.
Décret 2015-981 : ce que la liste obligatoire couvre (et ce qu’elle ignore)
Le texte réglementaire énumère des éléments fonctionnels : literie avec couette ou couverture, volets ou rideaux dans les chambres, plaques de cuisson, four ou micro-ondes, réfrigérateur avec compartiment congélation atteignant au minimum -6 °C, vaisselle et ustensiles de cuisine, table, sièges, étagères de rangement, luminaires, matériel d’entretien ménager. Rien de plus.
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Aucune mention de lave-linge, de lave-vaisselle, de connexion internet, de bureau ou de télévision. Le décret trace un plancher de conformité, pas un standard de confort. Tout ce qui se situe au-dessus de ce plancher relève d’un choix stratégique du bailleur.
Un propriétaire qui fournit uniquement les onze catégories réglementaires loue un meublé conforme, mais un meublé conforme n’est pas un meublé attractif. La différence de loyer entre les deux se joue sur les équipements facultatifs et sur leur adéquation avec le profil du locataire visé.
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Équipements facultatifs qui justifient un loyer supérieur en location meublée
Depuis 2023, les annonces de meublés dans les grandes métropoles mentionnent de plus en plus souvent des éléments comme le lave-linge, le lave-vaisselle ou la connexion fibre comme arguments de positionnement tarifaire. Ces équipements restent juridiquement facultatifs, mais leur présence modifie la perception du logement par le locataire.
Le pack électroménager : lave-linge et lave-vaisselle
Un lave-linge intégré au logement supprime une contrainte logistique pour le locataire (trouver une laverie, transporter du linge). En colocation ou en location étudiante, cet équipement est devenu un critère de tri dans les recherches en ligne. Le lave-vaisselle, plus rare dans les petites surfaces, distingue une annonce dans les marchés où l’offre est dense.
Ces deux appareils représentent un investissement modéré pour le propriétaire, mais leur effet sur la vitesse de location et sur le montant acceptable par le locataire est tangible, en particulier dans les villes universitaires.
Fibre optique et TV connectée
La connexion fibre n’est pas un meuble, mais elle fait partie des critères que les locataires vérifient avant de signer. Un meublé raccordé à la fibre se loue plus vite et plus cher qu’un logement limité à l’ADSL, surtout dans les zones où le télétravail hybride est la norme. Ajouter une TV connectée (Smart TV) complète l’offre sans alourdir le budget d’équipement.
Espace de travail dédié : bureau, chaise, éclairage
Les baromètres de plateformes spécialisées en location meublée (Lodgis, MorningCroissant) observent que les annonces mettant en avant un coin bureau ergonomique se louent plus rapidement et affichent des loyers supérieurs dans les grandes villes. Paris, Lyon, Bordeaux et Nantes sont particulièrement concernées.
Un bureau, une chaise correcte et un éclairage adapté suffisent à repositionner un meublé classique en meublé adapté au télétravail. Le coût d’aménagement reste faible comparé au gain potentiel sur le loyer mensuel.
Requalification du bail meublé : le risque d’un mobilier incomplet
Fournir moins que les onze catégories du décret expose le bailleur à une requalification du bail meublé en bail de location vide. La conséquence directe : le contrat bascule sous le régime de la loi du 6 juillet 1989, avec un bail de trois ans au lieu d’un an, un préavis de six mois au lieu d’un, et la perte du statut fiscal LMNP.
Le locataire peut demander cette requalification devant le juge si l’inventaire du mobilier révèle des manques. Un réfrigérateur sans compartiment congélation, une absence de luminaires dans certaines pièces, ou un matériel d’entretien ménager manquant suffisent à fragiliser le bail.
- Chaque élément du décret doit être présent et fonctionnel au moment de la remise des clés, pas simplement listé sur le contrat.
- L’inventaire du mobilier, signé par le bailleur et le locataire, constitue la preuve en cas de litige. Il doit décrire chaque équipement avec précision (marque, état, quantité).
- Un meuble en mauvais état peut être considéré comme absent par un juge : l’état du mobilier compte autant que sa présence.

Inventaire du mobilier : rédaction et valeur juridique
L’inventaire est annexé au contrat de location. Il se distingue de l’état des lieux, qui porte sur le logement lui-même (murs, sols, installations). L’inventaire porte exclusivement sur les meubles et équipements mis à disposition.
Un inventaire bien rédigé liste chaque élément avec son état (neuf, bon, usé), sa localisation dans le logement et, idéalement, des photographies datées. Ce document protège le propriétaire contre les réclamations infondées et le locataire contre la retenue abusive sur le dépôt de garantie.
- Réaliser l’inventaire en présence du locataire, le jour de la remise des clés.
- Mettre à jour l’inventaire à chaque changement de locataire, en remplaçant les éléments usés.
- Conserver une copie signée par les deux parties pendant toute la durée du bail et au-delà, jusqu’à la restitution complète du dépôt de garantie.
Adapter la liste des meubles au profil locataire pour optimiser le loyer
Le choix des équipements facultatifs dépend du type de locataire ciblé. Un étudiant n’a pas les mêmes attentes qu’un cadre en mobilité professionnelle ou qu’un couple en télétravail.
Pour une colocation étudiante, le lave-linge et une connexion internet rapide sont des équipements qui réduisent la vacance locative. Pour un cadre en mission de quelques mois, un mobilier de qualité et un espace de travail fonctionnel justifient un positionnement haut de gamme. Pour un couple avec télétravail, la fibre et le bureau ergonomique deviennent des critères décisifs.
Chaque équipement ajouté au-delà du décret doit répondre à un besoin identifié du locataire cible. Ajouter un lave-vaisselle dans un studio de 18 m² n’a pas le même impact que dans un T3 en colocation. L’adéquation entre le mobilier et le profil locataire détermine le loyer, pas le volume d’équipements accumulés.
Le décret fixe le minimum. Le marché, lui, rémunère la pertinence. Un bailleur qui investit dans trois ou quatre équipements ciblés, cohérents avec la demande locale, obtient un meilleur rendement qu’un bailleur qui empile du mobilier sans stratégie.

