Comprendre le fonctionnement des EPCI en France : piliers de l’organisation territoriale
Les établissements publics de coopération intercommunale représentent aujourd’hui l’un des fondements de l’organisation territoriale française. En 2024, la France compte 1 254 EPCI regroupant plus de 34 000 communes selon la Direction générale des collectivités locales (DGCL). Ces structures permettent aux communes de mutualiser leurs moyens et d’exercer ensemble des EPCI compétences essentielles. Mais concrètement, quel impact ces intercommunalités ont-elles sur votre quotidien de citoyen ?
Pourquoi les communes choisissent-elles la coopération intercommunale ?
La mutualisation des coûts représente la première motivation qui pousse les communes vers l’intercommunalité. Face à des budgets souvent contraints, les petites municipalités trouvent dans le regroupement une solution pour financer des équipements qu’elles ne pourraient pas s’offrir individuellement.
L’optimisation des services publics constitue un autre enjeu majeur. Une commune de 2 000 habitants peut difficilement maintenir seule une piscine municipale ou une médiathèque moderne. En mutualisant ces équipements avec les communes voisines, elle offre à ses habitants des services de qualité tout en répartissant les charges.
Le développement économique coordonné prend également tout son sens à l’échelle intercommunale. L’aménagement d’une zone d’activités, la création d’un parc technologique ou l’implantation d’une grande surface nécessitent des investissements importants et une vision territoriale dépassant les frontières communales.
Les enjeux techniques renforcent cette logique de regroupement. La gestion de l’eau, l’assainissement ou la collecte des déchets gagnent en efficacité quand ils sont organisés sur un territoire plus large, permettant des économies d’échelle substantielles.
Ces établissements intercommunaux : typologie et spécificités
La France compte quatre grandes catégories d’établissements publics de coopération intercommunale, chacune adaptée à des territoires spécifiques selon leur densité démographique et leurs besoins.
- Communautés de communes : Regroupent des communes de moins de 15 000 habitants. Elles gèrent principalement l’aménagement de l’espace, le développement économique et la collecte des déchets. Exemple : la Communauté de communes du Pays de Dol et de la Baie du Mont-Saint-Michel.
- Communautés d’agglomération : Rassemblent au moins 15 000 habitants autour d’une ville-centre de plus de 15 000 habitants. Leurs compétences incluent les transports urbains et l’habitat. Exemple : l’Agglomération de Montauban.
- Communautés urbaines : Regroupent plus de 250 000 habitants et exercent des compétences étendues comme la voirie, l’eau et l’assainissement. Exemple : la Communauté urbaine du Grand Reims.
- Métropoles : Plus de 400 000 habitants, elles disposent des compétences les plus larges, notamment en matière d’urbanisme et de développement économique. Exemple : Bordeaux Métropole.
Compétences exercées par ces structures de coopération
Les EPCI exercent des compétences obligatoires définies par la loi, ainsi que des compétences optionnelles selon les besoins locaux. Cette répartition permet une gestion territoriale cohérente tout en préservant l’autonomie communale.
Trois domaines constituent le socle obligatoire : le développement économique (création de zones d’activité, soutien aux entreprises), l’aménagement de l’espace (planification urbaine, transport) et l’équilibre social de l’habitat (logement social, politique foncière). Ces compétences sont automatiquement transférées des communes vers l’EPCI lors de sa création.
Les compétences optionnelles varient selon les territoires. Une communauté de communes peut choisir de gérer la collecte des déchets, l’assainissement ou les équipements culturels. Ce transfert s’effectue par délibération concordante : les communes membres et l’EPCI doivent voter dans le même sens.
Par exemple, si une commune transfère sa compétence « gestion des déchets », elle perd automatiquement cette prérogative au profit de l’EPCI. Cette règle de transfert garantit une répartition claire des responsabilités et évite les doublons administratifs coûteux.
Financement et ressources de ces collectivités territoriales
Les établissements publics de coopération intercommunale disposent de ressources diversifiées pour mener leurs missions. Leur financement repose sur trois piliers principaux : la fiscalité directe locale, les dotations versées par l’État et les contributions des communes membres.
La fiscalité professionnelle unique constitue le cœur du système financier intercommunal. L’EPCI perçoit directement la cotisation foncière des entreprises, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises et les taxes foncières sur l’ensemble de son territoire. Ce mécanisme évite les disparités entre communes et garantit une répartition équitable des ressources fiscales générées par l’activité économique.
Les dotations d’État complètent ces ressources propres. La dotation globale de fonctionnement représente généralement entre 15 et 25 % des recettes totales d’un EPCI. Une communauté de communes de 50 000 habitants gère ainsi un budget annuel d’environ 30 à 50 millions d’euros, tandis qu’une métropole comme Lyon dispose d’un budget dépassant les 3 milliards d’euros.
Gouvernance et fonctionnement démocratique
La gouvernance des EPCI repose sur un conseil communautaire composé de délégués élus par les conseils municipaux de chaque commune membre. Cette représentation démocratique assure une gestion collective des compétences intercommunales tout en respectant l’autonomie de chaque territoire.
Le nombre de sièges attribués à chaque commune dépend de sa population municipale. Les plus petites communes disposent d’au moins un délégué, tandis que les villes importantes peuvent compter plusieurs représentants. Cette répartition équilibrée garantit une représentativité proportionnelle au sein de l’assemblée intercommunale.
Le président de l’EPCI, élu par le conseil communautaire, dirige l’établissement et représente l’intercommunalité dans ses relations extérieures. Il est secondé par plusieurs vice-présidents qui peuvent recevoir des délégations spécifiques selon les compétences exercées par la structure.
Cette organisation démocratique permet de maintenir un lien de proximité avec les citoyens tout en optimisant la gestion des services publics locaux. Les décisions prises collectivement reflètent ainsi les besoins de l’ensemble du territoire intercommunal.
Vos questions sur la coopération intercommunale
Quelle est la différence entre un EPCI et une mairie ?
La mairie gère directement les services publics locaux d’une commune. L’EPCI regroupe plusieurs communes pour mutualiser certaines compétences comme la collecte des déchets, l’urbanisme ou le développement économique sur un territoire élargi.
Quels sont les différents types d’EPCI qui existent ?
On distingue principalement les communautés de communes (rurales), les communautés d’agglomération (plus de 15 000 habitants), les communautés urbaines (plus de 250 000 habitants) et les métropoles (plus de 400 000 habitants).
Comment sont financés les établissements publics de coopération intercommunale ?
Les EPCI perçoivent la fiscalité professionnelle (contribution économique territoriale), des dotations de l’État, des contributions des communes membres et peuvent lever des taxes spécifiques selon leurs compétences exercées.
Quelles compétences peuvent exercer les EPCI ?
Les EPCI exercent des compétences obligatoires (développement économique, aménagement de l’espace) et optionnelles (voirie, assainissement, équipements culturels). Chaque type d’EPCI dispose d’un bloc de compétences spécifiques défini par la loi.
Pourquoi les communes se regroupent-elles en EPCI ?
Le regroupement permet de mutualiser les coûts, d’harmoniser les services publics, de mener des projets d’envergure territoriale et de bénéficier d’une fiscalité plus avantageuse pour financer les investissements intercommunaux.

